40000 euros pour les foules sentimentales
40000 euros dépensés pour une cérémonie ridicule, avec en prime un compte rendu digne de la meilleure propagande soviétique!
"Samedi 13 juin 2009, le soleil s’est levé pour nous après une semaine fraîche et pluvieuse. 14h45, dans les travées de l’amphithéâtre Farabeuf du campus des Cordeliers, la tension monte. La chaleur aussi, sous la toge des 300 docteurs agglutinés dans cet espace trop petit mais chaleureux. L’ambiance est festive, spontanée. On rit comme en famille.
15h20 : Pour les docteurs, il est temps d’entrer en scène, de franchir la ligne d’arrivée après une course de 3 ans, plus longue pour certains. L’instant est solennel et assurément historique. Le trac, la nostalgie, le soulagement, la fierté se succèdent dans leurs yeux hagards, submergés par le trop plein de la salle comble. Alors que le déroulé laisse peu de temps aux initiatives, Jean Chambaz, garant d’un applaudimètre équitable pour chaque docteur, s’improvise en chauffeur de salle et en rassembleur. Désordre sous contrôle, on aime ça surtout en regardant cette grand-mère si fière de pouvoir rejoindre sa petite-fille au devant de la scène. Au diable le timing, on préfère rendre hommage aux familles qui apportent leur soutien et leur pierre à l’édifice doctoral.
16h30 : Dehors, c’est bientôt au deuxième groupe des familles d’entrer dans l’amphithéâtre. En attendant, on profite du soleil et des écrans déployés sur le site pour suivre la retransmission en direct. Certains préfèrent discuter, immortaliser cette journée avec des photos qu’on encadrera cette fois. A coup sûr, ils en reparleront longtemps plus tard, avec leurs enfants, leurs amis, leurs parents.
18h : la photo de groupe, rituel oblige ; un air de déjà vu dans les films américains la toque au vent, mais en mieux ! Nous on choisit le mouvement, la désinvolture, chacun à sa guise !
18h15 : l’heure de se démasquer, de dévêtir le costume et de savourer le champagne. Contre toute attente, la moitié des docteurs souhaite conserver la toge comme on garde une robe de mariée, en souvenir d’une journée mémorable. Des foules sentimentales qui se laissent la possibilité de pouvoir, un jour, la sortir de l’armoire en se rappelant leurs années de thèse, ces chères années de labeur intellectuel, et « ces nuits d’érudition » comme l’a souligné Jean-Charles Pomerol dans son message audiovisuel adressé aux docteurs.
20h : Une impression d’unité nous envahit, là subitement, nous les personnels de l’UPMC en charge de l’organisation : curieux, curiens, peu importe l’appellation. Ce jour là, nous formons une communauté. Un lien existe entre tous ces gens, entre nous, un lien qui dépasse le caractère singulier de cette journée : un sentiment d’accomplissement et de réussite. Fiers d’en être, tout simplement." Maude le Guennec.





